Epigénétique : la naturopathie pour prévenir les psychoses

L'épigénétique s'intéresse depuis quelques années à la psychiatrie. Dans cet article, nous allons vous parler d'une étude qui a été menée sur des jeunes aux tendances psychotiques et dont les résultats ont montré que l'environnement avait un réel impact sur l'activation de certains gènes connus comme favorisant le déclenchement des crises. Partant de cette découverte, vous découvrirez en quoi et comment la naturopathie peut aider à maintenir les personnes prédisposées en bonne santé mentale. 


L'épigénétique : une science d'avenir

Pour rappel l'épigénétique est la « discipline de la biologie qui étudie la nature des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible (lors des divisions cellulaires) et adaptative l'expression des gènes sans en changer la séquence nucléotique (ADN) » (source :wikipedia). En effet, l'ADN en lui-même ne change pas. En revanche, certains gènes peuvent s'activer ou non en fonction de l'environnement de la personne.

Cette science est extrêmement prometteuse et permet de comprendre l'influence de l'environnement sur notre santé. 


Les troubles psychotiques : qui est concerné, comment arrivent-ils?

Les troubles psychotiques concernent généralement les jeunes. Cela a pour effet de modifier considérablement leur sociabilité car les troubles s'installent progressivement par palier. En effet, plusieurs années avant le déclenchement d'un épisode psychotique à proprement parler, certaines manifestations spécifiques apparaissent comme l'isolement ou l'agressivité. Ensuite, d'autres symptômes non spécifiques comme l'anxiété, les troubles de la concentration, du sommeil s'y ajoutent et enfin des manifestations beaucoup plus spécifiques comme la distorsion perceptuelle et/ou les idées fixes apparaissent.


Quand les chercheurs en épigénétique se penchent sur les cas de psychose

« Une équipe de recherche de l’Université Paris Descartes, de l’Inserm et du Centre Hospitalier Sainte-Anne, sous la direction du Professeur Marie-Odile Krebs, a mis en évidence que des modifications épigénétiques accompagnent l’émergence d’un épisode psychotique dans une cohorte de jeunes personnes à risque âgées de 15 à 25 ans. Ces modifications compromettent des systèmes de réponse au stress oxydatif et à l’inflammation. Grâce à ce nouveau travail, les chercheurs apportent un nouvel éclairage à cette maladie dont la principale explication biologique reposait jusqu’alors sur des perturbations de la sécrétion de la dopamine au niveau cérébral. L’étude a été publiée le 26 avril 2016 dans Molecular Psychiatry » (source inserm)


La naissance de cette étude

Des analyses et bilans psychiatriques permettent de définir, selon certains critères prédéfinis, l'état mental à risque d'une personne. Il a été noté qu'environ un tiers des personnes ayant au moins un état mental à risque développera un jour ou l'autre un trouble psychotique dans un délai de 3 ans. A partir de cette constatation, les chercheurs se sont donc penchés sur les mécanismes physiopathologiques afin de mieux prévenir l'apparition des épisodes psychotiques.

Pour cela, l'équipe de chercheurs a étudié les modifications du profil de méthylation grâce à des prélèvements sanguins sur des jeunes sujets à risque. En étudiant les groupements méthyle apposés sur l'ADN, on peut définir les modifications épigénétiques.

Ils ont ensuite comparé les profils de ceux qui déclenchent un épisode psychotique et ceux qui restent en bonne santé mentale. 

Ils ont alors remarqué l'implication de modifications épigénétiques dans le déclenchement d'un épisode psychotique. Le plus intéressant est que ces gènes sont impliqués dans la protection contre le stress oxydatif , dans le guidage axonal et dans la réponse inflammatoire.


Les troubles psychotiques ne sont pas uniquement dû à une perturbation des neurotransmetteurs

Jusqu'à maintenant on pensait que les épisodes psychotiques étaient dus à une perturbation au niveau de la sécrétion de la dopamine au niveau cérébral, maintenant grâce à ces nouvelles données, leurs déclenchements pour être reliés à un stress inflammatoire et oxydatif rompant ainsi l'équilibre homéostasique déjà fragilisé par une vulnérabilité génétique, environnementale ou neurodéveloppementale.


Des pistes naturopathiques pour limiter l'apparition d'épisodes psychotiques

En partant de ces résultats extrêmement prometteurs, il est désormais possible de travailler bien en amont avec les sujets à risques et ce, naturellement. 

L'urgence est de contrer l'inflammation et l'oxydation. Ainsi, les pistes à mettre en place seraient :

  • Alimentaire

    • Adopter une alimentation biologique ou du jardin, hypotoxique et antioxydante, vivante, crue ou peu cuite, riche en fruits et en légumes, farines complètes et principalement sans gluten, oléagineux (amandes, noix, noisettes, noix du Brésil...) , graines non grillées et non salées (lin, sésame, courge, tournesol, pignon de pin...), huile vierge de première pression à froid (olive et colza), huile de coco...

    • Régime Seignalet reconnu pour être anti-inflammatoire : riche en fruits et légumes, sans gluten et sans lactose, pauvre en viande rouge, oméga 3 (oléagineux, huile vierge de première pression à froid).

    • Bannir les produits industriels, les additifs (colorants, conservateurs, exhausteurs de goût), les sodas, les produits raffinés (sucres et farines), les céréales du matin, les petits déjeuner hyper sucrés, les jus de fruits industriels.

  • Microbiote

Agir sur le microbiote en réajustant l'alimentation est primordial. Pour soulager l'inflammation des muqueuses intestinales, l'eau d'argile, la prise de L-Glutamine et enfin la prise de probiotiques peut aider à réparer les muqueuses. Cependant, pour un résultat efficace, il est important d'apporter des prébiotiques pour alimenter le microbiote  avec des fibres et des produits lactofermentés : kéfir, kombucha, choucroutte, miso...


  • Activité physique

Mettre le corps en mouvement est excellent pour la santé, on ne le répètera jamais assez. En pratiquant un sport, vous vous oxygénez, les échanges intra et extra cellulaires sont activés, l'élimination des toxines est stimulée. L'ensemble des systèmes (ostéo-articulaire, cardio-vasculaire, digestif, rénal, nerveux, etc...) est sollicité.  De plus, les sécrétions hormonales sont rééquilibrées tout comme celles des neurotransmetteurs. 


  • Gestion du stress

Tout d'abord, avoir un bon sommeil pour récupérer convenablement est primordial. Ensuite, le sport permet de contrer les méfaits du stress. Par ailleurs, les techniques de méditation ou de relaxation, l'art-thérapie, la sophrologie, l'hypnose etc... sont autant de techniques permettant de faire un travail sur soi-même afin d'apprendre à gérer ses émotions. 


Pour conclure

La naturopathie a toute sa place pour accompagner les personnes prédisposées aux épisodes psychotiques. Elle s'inscrit parfaitement dans le cadre de la prévention et de la complémentarité des soins médicamenteux et psychothérapeutiques. 

Alexia Bernard
11 mai, 2020
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